Samtosha संतोष saṃtoṣa : le contentement




La pratique du yoga comporte huit étapes qui sont littéralement les huit membres ou aspects du yoga et qui se nomme Ashtānga-yoga (de ashta huit et ānga membre).



Les huit étapes sont :

I) les yama (qui comporte 5 restrictions)      

ahimsā : ne pas nuire, 

      satya ne pas mentir,

      asteya ne pas voler, 

      bramacharya la continence,

      aparigraha ne pas être possessif,

II ) les niyama (qui comporte 5 observances) :

       Çauca la purification,

       Samtosha le contentement,

       Tapas l’effort sur soi,

        Svādhyāya létude

        Ichvara-pranidhāna la consécration à dieu

III ) āsana (les postures),

IV )  prānāyāma (la discipline du souffle),

V )    pratyāhāra (le retrait des sens),

VI )  dhāranā (la concentration), 

VII)  dhyāna (la méditation),

VIII) samādhi (la libération). 

Ces huit étapes sont décrites en sanskrit dans les « Yoga Sutra » que Patanjali aurait écrit au IIème siècle avant JC. J’emploie le conditionnel car il n’a jamais été démontré que Patanjali ai écrit ses textes. La transmission se faisant oralement de maitre à disciple, il se pourrait qu’un certain Patanjali aurait fait partie de cette transmission.

Ces étapes sont de véritables chemins vers la perfection de l’homme et ne sont pas forcément à suivre de façon linéaire. Le cheminement et la progression se font en fonction du degré d’avancement du yogin sur la voie spirituelle. Chaque étape est approfondie dans un premier temps, puis purifiée progressivement avant d’y revenir plus tard afin d’attendre la maîtrise ultime du corps et de l’esprit.

Dans cet article, je vais vous exposer une étape particulière qui se trouve parmi les niyama (les observances), samtosha : le contentement.

Samtosha, qui se trouve à la troisième place parmi les cinq observances (niyama), décrit les attitudes que l’on adopte envers soi-même. Samtosha veut dire contentement, c’est-à-dire garder une certaine paix en nous malgré tout ce qui peut nous arriver dans notre vie. Pas toujours facile à faire surtout parmi les temps troubles que nous vivons à l’heure actuelle. C’est la capacité du yogin de tirer toujours de la joie de ce qu’il a et de ce qu’il est sans qu’aucune épreuve extérieure ni aucune difficulté intérieure ne puisse lui ôter sa sérénité. C’est par le contentement qu’on obtient le bonheur et non en pensant « je suis heureux ».

La plupart de nos vies sont remplies de vagues d’émotions qui nous soulèvent où nous abattent. Le contentement vu par le yoga consiste à conserver un équilibre intérieur au milieu des coups et des imprévus de la vie. Alors on dit que le yogin a atteint l’équanimité indispensable pour traverser indemne les obstacles de la vie.

Observez la façon comment arrivent nos pensées. En général les pensées sont liées à un processus de comparaison. « Je peux m’exprimer mieux que vous ». « Je suis ceci et un jour je serai cela ». « Aujourd’hui un téléphone 4G demain 5G » Dans nos sociétés dites civilisées le « plus » fait partie de tous les processus normaux de développement économique et personnel. Et même les religions l’enseignent universellement. Le contentement vient lorsque l’on comprend ce qu’on est et non pas ce qu’on devrait être. Dans la Bible au Psaume 23, il est écrit  « l’éternel est mon berger, je ne manquerai de rien ». Ce psaume témoigne du fait que Dieu aide à avancer dans les bons jours, comme dans les mauvais.Il ne faut se placer dans un hypothétique futur même si Dieu se trouve sur votre chemin, mais c’est à vous à trouver le contentement dans l’instant présent et sans l’aide de personne.

Si le contentement se place dans le futur cela crée un conflit psychologique car prêcher la bonté et la pauvreté, prêcher le désir d’être bon et de na pas atteindre la richesse, crée son opposé ce qui est encore envier et vouloir « être quelqu’un ».

Le vrai contentement n’est rien de tout cela, c’est un état bien plus profond. C’est un état vital, un état créatif dans lequel on comprend « ce qui est ». Nous sommes si conditionnés que nous ne pensons qu’en terme « du mieux », « du plus » et nous faisons de l’envie une qualité désirable qui devient de l’égocentrisme et qui s’enferme en lui-même. C’est une pensée limitative. L’esprit limité par envie, par le moi, par le désir des objets ou des vertus ne peut jamais être la liberté.

Si nous rencontrons des difficultés, si des désirs ne sont pas assouvis, si les choses ne se passent pas comme nous l’avions prévu, il n’y a aucune utilité à rajouter en plus des difficultés d’ordre psychologiques comme le défaitisme ou la colère qui ne font que créer des tensions supplémentaires et entraînent une dépense d’énergie inutile. Non seulement, cela n’arrange pas la situation, mais de plus risque de l’aggraver du fait d’un esprit moins lucide car emporté par les émotions.

Le yoga nous apprenant à être conscient de notre corps et de ses réactions émotionnelles, nous permet de percevoir « ce qui est », ce qui se passe en nous et ainsi d’enrayer assez rapidement ce qui fait obstacle à la paix intérieure. 

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