Je suis Corps

Je suis corps.

Le yoga est la célébration de la pauvreté du corps dans le sens de sa simplicité, sa splendeur et de sa richesse.

Je suis en vie, mon corps existe, je peux le toucher, le caresser, je le ressens dès qu’il rentre en contact avec un vêtement, la caresse d’une brise, une main, un autre corps …… Notre corps évolue depuis notre naissance jusqu’à notre mort. Selon les scientifiques nos cellules changent toute les cinq minutes, donc nous évoluons toute les cinq minutes, mon corps change et se modifie. Pour un corps qui pèse soixante-dix kilos il y a 70 000 milliards de cellules qui changement toutes les cinq minutes. Un ordinateur à notre époque ne pourrait pas traiter autant d’information que le corps traite en quelques minutes seulement. Vous imaginez la puissance de calcul qu’il faudrait pour arriver à le faire fonctionner. Cette évolution est inéluctable. Le yoga nous dit que la réalité du corps se base dans l’instant présent et non pas ce qu’il à été ou ce qu’il deviendra. On ne peut pas être et avoir été. Toute notre vie tourne autour de notre corps, bouger ou rester immobile, le nourrir, le désaltérer, mais aussi éliminer les fluides corporels. La seule et unique chose que nous possédons est notre corps. Sommes nous alors prisonnier de notre corps ? Quelle est cette grandeur du corps, de son caractère sacré et de sa profonde innocence ? Parfois il nous échappe, comme les mouvements internes que nous ne ressentons pas. Ces mécanismes automatiques (système nerveux parasympathique) permettent de vivre normalement sans qu’on ait véritablement conscience de ce qui se passent dans notre corps sauf pour la respiration que l’on peut modifier à volonté (nous sommes les seuls êtres sur la planète qui avons la possibilité de modifier notre respiration).

Le yoga nous invite donc à vivre le corps, c’est une réalité, c’est une voie de connaissance. Cette expérience se vit au travers d’une même réalité entre énergie et conscience. Notre corps est énergie, nous en prenons conscience pendant un cours de yoga à chaque posture car à chaque étirement, rotation, extension ou flexion, nous mettons notre corps en mouvement et il réagit à chaque instant. Les textes fondateurs du yoga qualifient le corps comme une maison ou un temple qu’il faudra vénérer. Dans la Bhagavad Gîta, il est représenté par un char conduit par Arjuna (l’égo) qui est tiré par cinq chevaux (nos cinq sens).

Nous avons tous des corps différents, cette réalité est incontestable, il n’y a pas deux corps identiques sauf bien sur pour les vrais jumeaux. Il y a des corps qui sont petits, grands, ventrus, minces, poilus, imberbes ; il y a des corps avec des poitrines plates ou massives, des petits bras ou encore des grandes jambes, des dos rigides ou très souples …… Notre société idéalise beaucoup le corps, la publicité qui nous entoure de façon incessante, nous montre des corps beaux et éternellement jeunes. Même les publicités pour produits destinés aux personnes âgées sont beaux. Vous me direz qu’il faut bien vendre, mais le dictat de l’image est allé à mon sens beaucoup trop loin. Dans mes cours de yoga nu, j’observe beaucoup de corps différents, que cela est magnifique de voir tant de diversités et non pas uniquement un seul type de corps modélisé. Il faut aimer tous les corps car à chaque fois nous méprisons notre corps, nous perdons le contact avec la réalité, nous nous coupons du divin et nous nous appauvrissons. Le corps est ce qui relie l’homme au mystère de l’homme. L’homme est devenu esclave de son corps au lieu qu’il soit un instrument de libération.

Le yoga nous dit, le corps est, tout simplement. Un cours de yoga se fait avec le verbe être et non pas avec les verbes avoir (posséder) ou faire. Il ne doit pas être mis en compétition ni avec autrui ni avec soi-même. A la fin d’une séance, il y a eu transformation du soi, l’élève n’a plus le corps qu’il a, il a un corps d’être. Je le répète assez souvent pendant les séances de laisser à la porte son sur-égo, faites les postures avec uniquement votre corps et ce qu’il peut donner à l’instant présent sans regarder autour de vous, sans être en confrontation avec les autres élèves.

Si le bras s’arrête là, c’est que c’est le geste juste et si la personne à côté peut aller plus loin c’est alors le geste juste pour elle à ce moment là. Alors ne trahit pas ton corps, respecte le car il est comme un véhicule qui va t’amener à bon port. Viens le chérir dans toute sa splendeur et sa beauté. Ce n’est pas du narcissisme car Narcisse ne se préoccupait que de son extériorité par son reflet, il reste en surface, alors qu’il faut plonger profondément, intimement, subtilement dans l’intériorité.

 

 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Retour haut de page
X
X