La Verticalité

Les courbures de notre colonne vertébrale sont indispensables pour amortir les chocs qui se produisent lors de la marche. S’il n’y avait pas de courbure, le cerveau serait moins bien protégé des vibrations de la marche car nous marcherions en rebondissant comme un bout de bois. 

Toutes les études scientifiques disent qu’il faut travailler la colonne pour rester en bonne santé. Avec l’âge, elle se tasse et les voussures s’accentuent surtout la cyphose dorsale vers le haut du dos. On le constate avec les personnes âgées qui ont le dos vouté.  Pour éviter cela, il est recommandé dès qu’on est encore jeune de travailler le redressement du dos pour éviter une trop grande cyphose à l’âge de la retraite. 

La colonne vertébrale est composée de quatre voussures naturelles, d’une cyphose dorsale (dos rond vers le haut de la colonne), d’une lordose lombaire (dos creux vers le bas de la colonne), d’une cyphose sacrale (vers le sacrum et le coccyx) et enfin d’une lordose cervicale (vers les cervicales). Toutes ses voussures ne doivent pas être trop prononcées car il y aurait pour conséquence des pathologies du rachis comme une cyphose exagérée ou une lordose trop prononcée.

Avoir une bonne mobilité de la colonne est très importante. Le yoga permet cela en faisant prendre conscience dans un premier temps de sa propre colonne vertébrale par un travail adapté d’étirement et dans un second temps d’observation de sa verticalité.

Ce qui maintien la colonne vertébrale en position verticale va être les muscles posturaux qui sont le long des gouttières du rachis. Ils vont maintenir le corps dans sa verticalité.

Vous avez pu remarquer qu’il est plus facile de faire une extension en arrière qu’une flexion en avant. Ceci est dû essentiellement aux muscles fléchisseurs qui se trouvent à l’avant de la colonne vertébrale et aussi à la flexion de hanche qui est souvent difficile à réaliser (exemple de la posture de Paschimottanasana, jambes allongées et buste allongé sur les jambes).

Avec l’âge, le corps a tendance à aller vers l’avant à cause d’un relâchement musculaire, c’est la raison pour laquelle ses muscles fléchisseurs sont importants pour maintenir la colonne le plus droit possible et éviter cette fuite en avant. En conséquence, les postures d’extension en arrière sont plus faciles à réaliser. On le voit souvent, les professeurs de yoga en générale aiment proposer des postures en extension car plus facile à réaliser et surtout plus spectaculaire (voire la posture du pont, chakrasana).

Quand on est en position verticale, et pour conserver les courbures naturelles, il faut se grandir, il faut étirer le corps non seulement en vertical mais aussi un étirement en rotation, en flexion latérale, en flexion avant ou en extension arrière. Que ce soit debout, assis ou à quatre pattes, il y a des postures d’étirement qui vont renforcer la musculature du dos et effacer les voussures trop prononcées.

La verticalité c’est aussi une ascension vers le haut. Regardez avec un dos droit comment votre colonne s’élance vers le haut. Elle s’élance vers quelque chose de plus immatériel, de plus spirituel. Le propre de l’homme, avec l’évolution depuis la préhistoire s’est fait de sa position accroupie vers une position redressée. On passe de la base, de la terre, de ses sensations animales vers le divin, vers la lumière débarrassée de toutes traces humaines. 

Le travail sur la verticalité ne se limite pas seulement pendant un yoga postural mais aussi pendant une séance de méditation. Bien assis sur les ischions, en lotus ou demi-lotus ou les jambes en tailleur ou encore sur une chaise, notre mental se porte sur la colonne vertébrale et le dos alors se redresse naturellement. Quand le dos est bien droit et notre mental a cessé de tourbillonner, alors le yogi va prendre conscience de cette verticalité subtile. 

Cette ascension vers le divin, vers la spiritualité de notre être va alors s’opposer à notre monde matériel. Le matériel est comme le corps il est horizontalité par contre notre âme est verticalité.

Dans la symbolique universelle, la ligne verticale est l’image la plus simple de la relation de la terre au ciel, autrement dit du monde matériel au monde divin.

Cette relation trouve son support le plus accompli chez l’être humain qui par sa nature participe à la fois de la terre et du ciel : de la terre par son corps fait de matière (annamaya kosha en langage védantique) et du ciel par sa conscience, reflet de la béatitude divine (anandamaya kosha) (voire la newsletter sur les kosha).

L’image de l’ascension vers les états supérieurs de l’être en parcourant l’axe du monde a son équivalent dans celle de la chaîne des mondes : comme un collier dont le fil représente l’axe qui traverse tous les mondes symbolisés par les perles du collier ; ce fil, sûtrâtma, c’est Âtma qui pénètre et relie entre eux tous les mondes : « Sur moi toutes choses sont enfilées comme un rang de perles sur un fil nous dit la Bhagavad Gîtâ, (VII, 7).

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