Sexe, genre, orientation. Comment le yoga se position sur ses questions ?

Sexe, genre et orientation. Comment se positionne le yoga sur ses questions ?

De nos jours encore, il y a peu d’hommes qui pratiquent le yoga. Pourquoi ? C’est une discipline qui attire beaucoup de femmes car le travail corporel est doux, en profondeur et tout en lenteur. Une séance de yoga est un véritable travail sur soi afin de tendre vers une quête de bien-être en profondeur. On peut aussi dire que le rôle de la femme a été lié à la transmission des traditions et des coutumes dont le yoga en fait partie. De plus, c’est une discipline où chaque élève va travailler son corps en tournant son regard vers soi, vers une intériorisation qui est par définition une orientation plus féminine que masculine. Or la nature a prévu pour l’homme un rôle de domination, de force, de puissance et de fécondation et cela s’arrête là. A la puberté, le garçon entrera dans la « classe des hommes » et suivra une tradition masculine, tandis que les femmes accueillent, préservent et transmettent l’enseignement des us et coutumes même si cela est en train de changer dans notre société. La question à laquelle il faudrait se poser est de savoir comment nous sommes passés de la différence anatomique entre les sexes à une hiérarchie qui valorise le masculin sur le féminin et qui s’est globalement imposé dans notre société. Depuis quelques années, on parle beaucoup de la théorie du genre.  Mais qu’est au juste la théorie du genre ? Se sont des études qui consistent à donner un rôle à chacun des sexes. Comme par exemple une femme serait plus douée en couture qu’en bricolage et inversement pour l’homme. Le but étant de démontrer que le « genre » se distingue du sexe biologique et qu’il n’y a pas de rapport nécessaire entre les deux. La théorie du genre cherche à déconstruire les stéréotypes filles-garçons qui se façonnent dès notre enfance par les valeurs traditionnelles qui se transmettent dans les familles de génération en génération et de par la présence de plus en plus croissante de publicités ciblées pour chaque sexe. Il faut à cela ajouter l’orientation sexuelle qui se développe à l’adolescence et qui n’a rien avoir ni avec le sexe biologique ni avec le genre. 

Nous avons les trois postulats posés : sexe, genre et orientation. Comment se positionne le yoga sur ses questions ?

Le yoga nous parle souvent d’énergie féminine, la shakti qui s’oppose à l’énergie masculine représenté par Shiva. Comme la pensée du yin et du yang dans le Tao ou comme le couple shiva-shaki dans l’hindouisme, les énergies féminines et masculines sont inséparables.  Elles évoluent ensemble et ne s’opposent pas. C’est d’ailleurs leur équilibre qui nous relie à tous. Alors que l’énergie masculine est dictée par le soleil, l’action et la force, l’énergie féminine est guidée par la lune, l’écoute, l’empathie, la douceur, l’amour inconditionnel, l’intuition et la créativité. Peut-on ainsi dire que l’écoute, l’empathie, la douceur, l’amour inconditionnel, l’intuition et la créativité ne sont-ils pas aussi des valeurs pour les hommes et inversement l’action et la force ne sont-elles pas aussi des valeurs féminines. D’ou l’importance pour les femmes et pour les hommes de retrouver dans le yoga ces valeurs féminines et masculines qui sont en chacun de nous. On peut alors dire que l’hindouisme ne s’est pas intéressé au sexe physiologique ni à l’orientation sexuelle mais au genre qui selon chaque individu s’exprime de façon différente. Ainsi on peut être de sexe féminin et avoir un désir et un comportement masculin. En yoga, on évoque cette polarité du masculin et du féminin qui compose les deux parties de notre être qu’on soit femme ou homme. Il faut sortir de la vision binaire que l’on a du féminin et du masculin car ils sont liés. Il est important de se relier aux énergies masculines et féminines afin de profiter pleinement d’une vie harmonieuse. 

Comment mettre en pratique cette relation intime entre le masculin et le féminin dans un cours de yoga ?  L’énergie féminine selon le yoga est lovée dans les profondeurs de notre bassin et est non visible dans sa manifestation contrairement à l’énergie masculine qui est toujours puissante et présente  dans sa manifestation. Le travail de la contraction de la région du périnée permettra de libérer les énergies dans cette zone du corps. Sachant que sur un plan physique, cette pratique induit une meilleure irrigation des tissus pelviens et une bonne tonicité du périnée. Le bassin vu d’en haut est en forme de cœur qui porte l’empreinte symbolique de l’amour. Vu d’en bas c’est un losange qui se dessine depuis ces quatre points cardinaux que sont les insertions du périnée soit les deux ischions, de l’os pubien et du coccyx. Le bassin d’en bas est lié au chakra racine Mûlâdhara tandis que le bassin du haut est lié au chakra eau svâdhisthâna. Le principe féminin – masculin ou terre – ciel s’opposent par leur attraction mutuelle. Ce bassin est une porte sacrée, une voie royale entre notre monde fait de matière et le monde de l’invisible.

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