De la concentration vers la méditation

Un cours de yoga se termine souvent par un moment dit “de méditation”. Ce moment peut se faire allongé au sol en Savasana ou assis par terre dans une posture de méditation que j’appellerai plutôt posture d’assise. Lorsqu’on s’installe en méditation, il faut au préalable trouver la bonne assise avant de commencer car ce moment peut être plus ou moins long. La posture peut se faire avec les jambes croisées en lotus ou demi-lotus ou toutes autres postures confortables. Si l’assise au sol est difficile à maintenir, on peut bien sûr s’asseoir sur une chaise le dos droit sans le reposer sur le dossier de la chaise, les pieds bien ancrés au sol et les genoux à l’aplomb des chevilles.

Après s’être installé confortablement, il va y avoir deux étapes qui vont se suivre, d’abord un moment de concentration suivi ensuite par une méditation. En occident parfois on fait souvent la confusion entre méditation et concentration. Certaines personnes qui dirigent des séances de méditation proposent plutôt des séances de concentration. Ce sont deux étapes différentes qu’il faut suivre l’une après l’autre.

La pratique du yoga comporte selon les Yoga Sûtra de Pantajali huit étapes qu’on nomment Ashtanga-yoga ou les huit membres du yoga. Le mot Ashtanga est composé des mots Asht « huit » et du mot « Anga » membre. Les deux premières étapes constituent le fondement préalable à toute pratique du yoga, les Yama ou les refrènements puis les Niyama les observances. Arrivent ensuite les Asanas, les postures puis le Prânâyâma – les techniques de respiration. La cinquième étape étant le Pratyâhâra – le retrait des sens – et enfin on arrive à Dhâranâ – la concentration – et Dhyâna la méditation. La huitième étape est Samadhi la libération. On voit bien ici qu’après avoir cheminé au travers des cinq premières étapes on arrive enfin à la concentration. Elle constitue l’étape indispensable pour obtenir une méditation profonde.

Qu’est-ce que la concentration, Dhâranâ ?

Le terme sanskrit Dhâranâ vient de la racine dhar qui signifie « qui tient, qui porte, qui protège » C’est la fixation de la pensée obtenue par Ekagrata qui est la fixation du mental sur un point. Ceci peut se faire sur un point du corps, un objet, un son, une image, une bougie …. La concentration consiste à fixer le mental sur un seul objet en faisant abstraction de toutes les autres perceptions.
Les objets de concentration peuvent être très variés comme dans les techniques vipasanâ sur la respiration et le mouvement du ventre. Mais l’objet de concentration peut être très diverse comme la vision d’un objet ou d’une mandala, un chant ou un son comme des mantras ou même encore une sensation comme une odeur, une couleur ou un toucher. Il faut une pratique régulière pour amener le mental à se concentrer à un objet sans qu’il soit perturbé par notre environnement.

Concentrer le mental requiert discipline et régularité dans sa pratique. La pratique des postures et des exercices respiratoires préalable à la concentration et à la méditation constitue une aide précieuse puisque le mental est progressivement entraîné à se concentrer sur la respiration et sur les sensations physiques. Ainsi, lorsque le pratiquant essaie pour la première fois de s’asseoir pour méditer, c’est beaucoup plus facile que s’il n’avait jamais rien fait avant. Ainsi le yogi, cherche à ne plus être le jouet de son mental. Il développe la capacité de contrôler un outil essentiel : la pensée.

Ensuite, qu’est-ce que la méditation Dhyâna ?

Dhyana est la septième étape de l’Ashtanga-yoga et qui vient naturellement après la concentration. Il se traduit souvent par le mot “absorption” car le problème consiste après la concentration de prolonger cette fixité afin d’avoir l’attention fixée en permanence et de façon ininterrompue. Elle ressemble à un flot d’huile ou de miel égal et continu. C’est un continuum d’effort mental pour assimiler l’objet de la méditation libre de toute diversion. Ainsi pour faire de la méditation, il ne faudrait jamais dire que je rentre en méditation mais qu’elle survient dans l’instant présent de par cette continuité de concentration.

Plusieurs études scientifiques récentes démontrent clairement les effets bénéfiques des exercices de concentration et de méditation sur le cerveau et à quel point ce type de pratique s’avère efficace en matière de gestion de stress. Elle se développe de plus en plus dans différentes disciplines comme les problèmes psychologiques, calmer le stress et même de façon adaptée chez les enfants et les adolescents.

Lorsque le pratiquant est capable de calmer son mental et de faire le vide intérieurement, il peut alors s’ouvrir à une réalité qui dépasse les limites de son propre mental. Il existe plusieurs méthodes ou techniques de méditation. Je ne vais pas vous donner toutes les méditations existantes et c’est à vous de choisir celle qui vous semble la plus en phase avec vous-même.

D’une manière générale il existe deux grands types de méditation ou Dhyanâ.

Une dite active, où l’on va effectuer un travail avec son mental, comme par exemple activer les centres énergétiques ou certaines parties du corps, faire des exercices de visualisation et une autre dite contemplative, où le pratiquant va ouvrir son cœur et sa conscience vers le haut et laisser la grâce descendre en lui.
Les deux sont aussi importantes l’une que l’autre. La méditation active permet de développer et de maîtriser ses capacités mentales, et la méditation contemplative octroie à celui qui s’y adonne la grâce et la légèreté nécessaire pour progresser avec le sourire.

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