Les Postures d’équilibre en yoga

 

L’équilibre est l’état de repos d’un corps sollicité par des forces qui s’annulent. En anatomie on sollicite un maximum de muscles pour le maintien de l’équilibre. Quand on est debout, un jeu d’équilibre s’établit entre le haut et le bas, la gauche et la droite, l’avant et l’arrière. Les plans frontaux, sagittaux et transversaux sont sollicités. C’est une véritable prise de conscience de l’espace qui vous entoure.

La posture d’équilibre amène à la stabilité du corps avec un minimum d’effort dans ces paires d’opposés et qui développe la proprioception. En physiologie, la proprioception désigne l’ensemble des récepteurs, voies et centres nerveux impliqués dans la sensibilité profonde, qui est la perception de soi-même, consciente ou non, c’est-à-dire de la position des différents membres et de leur tonus en relation avec la situation du corps par rapport à l’intensité de l’attraction terrestre. L’équilibre est donc une fonction résultante d’informations visuelle (la vue), vestibulaire (l’oreille) et proprioceptive (les appuis et la sensibilité de l’espace). C’est le cervelet qui à le rôle d’intégrer toutes ces informations.

C’est une famille de posture qui va nous renseigner sur le niveau de stress qui est en nous et la capacité de concentration que nous avons au moment d’effectuer une posture d’équilibre. Selon l’âge de la personne, ces postures seront appréhendées différement. Plus on avance en age, plus l’équilibre est difficile à réaliser. Pour les enfants et aussi pour les femmes enceintes les postures d’équilibre sont aussi difficiles à réaliser car pour les enfants trouver un moment d’immobilté n’est pas évident à réaliser et pour les femmes enceintes le poids du ventre peut provoquer des risques de chute car le centre de gravité se déplace constement.

En général, les équilibres se font en début du cours mais il est interessant aussi de les proposer à la fin afin de vérifier les bienfaits de la séance. Les équilibres se font mieux le matin car le repos de la nuit apporte un état de détente du corps. Le soir, après une journée pleine d’activités diverses les équilibres sont plus difficiles à réaliser.

Il n’y a pas de contre indication pour réaliser les postures d’équilibre sauf éventuellement des problèmes au niveau des pieds.

La qualité de la respiration dont nous avons besoin lors des équilibres est primordiale.

Il faut proposer de faire des respirations où l’on vient allonger l’expiration. Dans une expiration longue le centre de gravité s’abaisse et se rapproche de la colonne vertébrale ainsi dans l’inspiration qui suit le centre de gravité remonte moins haut. Avec un allongement de l’expration et un centre de gravité plus bas, les équilibres sont mieux apprenhendés.

L’expire délivre l’encrage, l’inspire lie et réuni.

Pour réaliser correctement les postures d’équilibre, il faut garder les yeux ouverts et se concentrer sur un point fixe. Cependant lorsque l’équilbre de la posture est presque parfait la concentration est profonde et une intériorisation s’est établie, alors il est interessant d’expérimenter ces postures avec les yeux fermés.

La concentration yeux ouverts en fixant un point devant soi permet d’aller vers un travail d’intériorisation. Du point de vue de l’énergie il existe deux centres d’équilibre. Le premier correspond au centre d’énergie de Manipura Chakra (le chakra de la cité des joyaux ou du plexus solaire). C’est un centre d’énergie qui se trouve en arrière de l’ombilique (région du  ventre). Pour la philosophie zen c’est le lieu du Hara. Son impact se trouve entre la 2ème et la 3ème vertèbre lombaire. Le deuxième centre d’équilibre se trouve au niveau de Ajna chakra (c’est le centre de commande ou centre de volition situé entre les deux yeux – le troisième oeil). Ce centre développe la maitrise de soi, la vigilance et la confiance en soi.

Ce double travail de concentration externe et interne renforce l’équilibre.

L’équilibre dans la position debout symbolise la spécificité de l’homme par rapport aux autres animaux, c’est une mise à disposition imprévue de posture entre terre et ciel. La colonne vertébrale est considérée dans certains textes comme le bâton de brâhmane ou la colonne de feu de Shiva.

Dans l’hindouisme, l’équilibre des mondes se fait grâce à la permanence statique de Brahmâ qui redonne sa forme au cours des choses selon les textes védiques. Et c’est Vishnou qui assure l ‘équilibre en péril. La statuaire la plus symbolique de l’équibre dans le panthéon des dieux hindous est Le Maitre à danser Shiva Natarâja. Cette danse symbolise la maitrise du monde décentré, elle est la danse Tândava qui anéanti, ce qui empêche le surgissement de l’énergie de l’éveil spirituel.

Sur un pied, Shiva danse dans un cercle de flammes qui signifie le passage d’un état à un autre de l’évolution humaine. Au centre se trouve l’ordre introspectif. Il a quatre mains, les deux supérieures tenant un tambourin (vyâghrahasta – le tigre) et la flamme (ardhacandra demi-lune – destruction transformation) et les deux inférieures sont l’une en abhayahasta (absence de crainte) l’autre en gajahasta (main de l’éléphant – refuge). La jambe levée du danseur montre la liberté créatrice. La tambourin fait raisonner la création, la flamme fait scintiller et vaciller la passage à la destruction, la main droite inférieure libère de la crainte des naissances et des morts et qui garantie la durée de la vie. Le pied est ferment appuyé sur le démon Amnésie qui détruit l’ignorance et accentue l’axe vertical cosmique du corps du Dieu. Tout est déjà contrôlé, équilibre de Shiva.

Musée Guimet

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