Shiva ou le Maitre Yogi

Le culte de shiva est très important en Inde, on le rencontre presque de partout dans tous les temples dédiés à ce dieu mythique. Il est le surgissement de la conscience et à chaque instant il fait apparaitre les choses du monde, leur dissolution et leur recréation. Il crée l’illusion de l’apparence et en même temps il détruit l’illusion. Ce paradoxe est la démonstration de sa puissance, il est le maître de la discontinuité. La statuaire shiva très visible partout en Inde est la représentation de la beauté radieuse. C’est un art de la suggestion. Il est le maitre incontesté du yoga.

Lors de notre dernier voyage en Inde, nous avons ramené une grande statue de Shiva avec quatre bras en maitre à danser qui danse la danse de la félicité dans une couronne de flamme. Cet article est illustré par la photo de cette statue.

Avec sa parèdre parvati, ils représentent l’unité des opposés dans l’univers. L’unité qui repose derrière la dualité apparente. Il est presque tout le temps représenté debout et se tient souvent en tribhanga ou les trois courbes qui captent l’essence même du mouvement. Ses courbes expriment le calme, l’équilibre et la grâce. Chaque représentation du shiva est reconnaissable par ses attributs pour désigner la réalité divine.

Le troisième œil frontal (jñāna caksus) est le symbole de l’éternité, de la sagesse et de la perception transcendantale. Il brule tout ce qui se trouve devant lui. Cet œil est toujours fermé et il peut s’en servir pour réduire en cendre tous ceux qui le provoque comme kâma qui voulut sortir Shiva de son ascèse, il provoqua alors sa fureur et le réduit en cendre.

Ses cheveux sont en chignon tressés et parfois couronné par un diadème. Sa tresse symbole du cycle du temps et représenté par le Gange fleuve sacré qui coule éternellement. Sur une de ses tresses il y a la déesse Ganga. Elle est la déesse des eaux, matrice de tous les fleuves, des rivières et des ruisseaux.

Si ses cheveux sont relâchés c’est qu’il est représenté en le terrible Bhairava ou parfois le danseur Nataraja. 

Le croissant de lune qui est posé sur sa chevelure est le symbole du cycle naturel de la vie qui n’a aucune emprise sur lui.

Le trident (trishula) est l’arme dont se sert Shiva dans ses faits de guerre cosmique. Il se sert de cette arme pour détruire les liens qui enchaînent l’âme humaine. C’est un objet de rituel dans les temples dont les trois dents symbolisent les trois gunas ou les trois aspects de la nature ou du monde manifesté (tamas : l’obscurité, la lourdeur l’inertie ; rajas : l’énergie, l’action, la force, et sattva : le pur, l’équilibre, le lumineux) ? Mais les trois dents peuvent aussi désigner la trimurti (les trois divinités de l’hindouisme ; Brahman, Vishnou et Shiva). Le trident n’est pas représenté lorsqu’il est Shiva dansant.

Le serpent autour du cou est le symbole de l’immortalité, le corps n’est qu’une enveloppe dont l’âme éternelle se débarrasse quand elle est usée avant d’en adopter un autre. 

Dans la main gauche, il tient une flamme symbolisant la destruction du monde.

Dans la main droite, le damaru ou le petit tambour en forme de sablier est le symbole du son primordial de la création de l’univers ou de la parité du masculin et féminin. Le centre du tambour est l’état de manifestation. Lorsqu’il se séparent l’univers se dissout. Le son qui en sort du tambour est le rythme du monde manifesté.

Dans une autre main droite (Shiva a quatre bras) il redresse la main doits vers le haut en signe de non peur.

Il est en équilibre sur la jambe droite qui est légèrement fléchie, sa jambe gauche est relevée et ramenée vers la droite symbolisant la libération (moksha), son autre bras droit est aussi ramené vers la gauche et la main pointe vers le pied droit redressée pour montrer qu’il a atteint l’état de samadhi, la libération (moksha). Son pied droit écrase le nain Apasmārapurusa aussi appelé Mayalaka qui représente l’ignorance.

Shiva danse au milieu d’un cercle de flammes qui symbolise la succession des cycles cosmiques.

La beauté du corps idéalement proportionné et délicatement paré est la marque d’une grande âme dans l’art indien. Une harmonie parfaite entre le corps et sa parure qui ne pèse rien, si bien qu’on ne peut dissocier l’un de l’autre.

Shiva est l’un des rares dieux totalement bisexuels. La figue d’un dieu demi-femme, le côté féminin est Shiva, est le symbole de la puissance féminine ; il est le mieux placé pour héberger et rendre visible la partie féminine en lui. Cette énergie féminine s’appelle Shakti.

Le corps de shiva se meut et sait nous émouvoir. On en devine le rythme. On est charmé par l’élégance de la statue et plus encore par le caractère enjoué voire espiègle. Au-delà d’une si grande et radieuse beauté, c’est la grandeur de la divinité qui est adorée. Il règne sur tous les aspects du yoga relatif au corps, à l’esprit et la conscience.

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